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Killer Bear, Chapitre I

L’imperméable n’était plus de saison, la chaleur étouffante transformait tout trajet à bicyclette en calvaire déliquescent, et pour couronner le tout, les touristes Ontariens migraient en masse vers la fraîcheur des lacs de la Gatineau. Non, décidément, Marc-André Tessier n’aimait pas l’été, il l’abhorrait, l’exécrait, le maudissait. Lui, le fils de l’Outaouais, chérissait la beauté flamboyante de l’automne multicolore, le calme feutré de l’hiver enneigé. Même la fraîcheur humide du printemps boueux, dans tout ce qu’elle avait de dégoulinant et d’éclaboussant lui semblait mille fois préférable à cette débauche de moiteur, à cette orgie de verdure grasse et d’insectes envahissants. Au volant de sa fidèle Suzuki, refuge climatisé et rempart contre les bestioles, il avait bifurqué sur le chemin du lac Brown, peu avant Wakefield et son célèbre moulin pour s’enfoncer dans le dédale d’arbres du Parc de la Gatineau. Tant qu’il le put, l’inspecteur resta aux commandes de son véhicule. Il s’y s...

Killer Party - Chapitre 1

Quatre heures du matin, Boulevard Labrosse. La sonnerie du téléphone posé sur sa table de chevet tira l'Inspecteur Tessier d'un sommeil sans rêves. A ses côtés, sa conquête du moment, une jeune danseuse de flamenco répondant au doux nom de Carmen, s'étira brièvement, roula sur le côté puis se rendormit paisiblement. Il l'envia inconsciemment pour sa carrière faite de glamour et de pailettes qui s'arrêtait toujours à l'extinction des projecteurs. Personne n'appelait Carmen à des heures indues pour qu'elle vienne livrer une représentation impromptue alors que, pour lui, les coups de fils nocturnes étaient devenus monnaie courante. Cette fois ci, c'était le Commissaire Gazou qui l'arrachait aux bras de morphée et à ceux de sa belle danseuse. "Tessier? - Ouais, c'est moi, rétorqua l'inspecteur, la voix empâtée de sommeil. - J'ai besoin de vous dans dix minutes au coin des rue Eddy et Frontenac. Le restaurant Chez Barbe, vous connai...

Artie - Chapitre premier

Première partie: "Il sera une fois..." I À l'époque ancestrale où les Dieux vivaient encore parmis nous, nous ne connaissions ni la faim ni la maladie. A l'abri de Leurs ailes d'acier, notre vulnérabilité naturelle ne constituait pas un handicap. Nul être vivant, si puissant soit il, n'aurait osé s'attaquer à nous de peur de s'attirer Leur courroux. Notre petit peuple s'épanouissait dans la sécurité et si nous finissions par mourir comme tous les êtres vivants ici bas, ce n'était souvent qu'après une longue et heureuse vie. Hélas, arriva le jour funeste où, sans aucune explication, sans même aucun avertissement, les Dieux nous abandonnèrent à notre sort, aux griffes et aux crocs acérés de créatures cent fois plus fortes, cent fois plus rapides que nous. Il y eut bien une période de méfiance assez courte au cours de laque...